La requalification de l'avenue de Clichy (10/07/2011)

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Renouveau de l'avenue de Clichy, depuis 2008

LE RÔLE CLÉ DES ACTEURS ÉCONOMIQUES


LA FONDATION DE LA CAPAC(*), AVENUE DE CLICHY, CONSTITUE UN ÉLÉMENT DÉCISIF DE LA REQUALIFICATION DE CETTE ARTÈRE ÉCONOMIQUE IMPORTANTE POUR TOUT L'ARRONDISSEMENT.

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Pour comprendre la vocation d'une ville, il convient d'interroger sa toponymie. Selon le dictionnaire, une avenue est "une voie plantée d'arbres qui conduit à une habitation". C'est la description, dès les Mérovingiens - passés à la postérité sous le sobriquet de "rois fainéants" -, du chemin de Clichy rebaptisé, en 1868, avenue de Clichy. Du VIe siècle au VIIe siècle, la dynastie des Chilpéric, des Clotaire, des Dagobert, des Thierry et des Childéric empruntait cette allée bordée d'arbres, au milieu de la forêt de Rouvray, pour rendre visite, dans l'île de la Cité, au "maire de palais", leur intendant.

Les premiers rois "francs" avaient établi leur résidence sur le territoire d'une villa romaine de Clippiacium - Clichy-la- Garenne - où Dagobert 1er, l'étourdi de la comptine, épousa Gomatrude en 626. "L'école du Palais", qui formait l'administration franque, dont saint Eloi, saint Ouen, saint Didier, Charles Martel et Pépin le Bref, était située sur le chemin de Clichy. L'industrialisation et la croissance parisienne transformèrent, au XIXe siècle, le visage de l'avenue de Clichy, bientôt coincée entre les fortifications de Thiers et l'enceinte des fermiers généraux de Ledoux. Artère industrielle, jalonnée d'u ne usine à gaz, d'abattoirs, puis, après la création de la ligne Paris/Saint- Germain des Pereire, de la gare marchandises Cardinet et de l'usine Ernest Gouïn - qui employait déjà 2000 ouvriers en 1850 -, l'avenue de Clichy devint un axe majeur du développement économique de Paris, dont le Saint-Michel de Frémiet, au sommet du campanile de l'église paroissiale, et la statue du maréchal Moncey symbolisaient la vitalité. Aujourd'hui, grâce la volonté de Françoise de Panafieu et à son équipe municipale, notamment Francis Courcelle chargé de ce dossier, la requalification de l'avenue de Clichy est devenue une réalité. L'un des acteurs majeurs de cette renaissance visible est Jean-Claude Janan, slameur émérite et inlassable porte-parole des chefs d'entreprises de cette voie importante du 17e arrondissement. Afin de contribuer au renouveau de l'avenue, il a fondé la CAPAC - Commerçants, Artisans, Professionnels de l'Avenue de Clichy - destinée à promouvoir les commerces, l'artisanat, les activités professionnelles de proximité.

Fraternité de terrain
La CAPAC a pour objectif de dynamiser cette zone d'a ttraction commerciale, de la Fourche à la Porte de Clichy. "Par le chiffre d'affaires qu'elle génère, c'est la quatrième avenue de Paris, indique Jean-Claude Janan, président de la CAPAC*. De la place de Clichy à la Porte, on compte 900 registres de commerce, dont de très grosses sociétés. On assiste aussi, depuis quelques années, à une montée en gamme dans les commerces. De la Fourche à la Porte, cela représente 1 200 m de façade économique. C'est considérable." Jean-Claude Janan rappelle le rôle des métiers industriels et des sous-traitants de l'industrie dans l'essor, depuis 1846, de ce quartier : les ingénieurs et les ouvriers de l'usine des locomotives de charpente métallique Gouïn, les fontainiers, les couvreurs, les plombiers-zingueurs (chers à Prévert !), les chauffagistes... L'avenue de Clichy est un monde multiculturel où chacun apporte son savoir-faire et son ambition de réussir. C'est une chance prodigieuse pour Paris au moment où l'Europe se tourne vers les civilisations méditerranéennes. Notre avenir passe par cette intégration des cultures amies." C'est ce qu' Edgar Morin appelle la potentialité fraternelle.


(*) CAPAC : Commerçants, Artisans, Professionnels de l'Avenue de Clichy

 

 

Texte Lucien Maillard

10:45 Écrit par l'ACAJA | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |  Imprimer | |