12/04/2012

Joseph Leddet---RATP

 La Gazette

Paris, mardi 10 avril 2012

 

NOTE DE COMMENTAIRE

(Complément à « La Gazette » N°325)

 

Considérations sur le métro parisien

 

Guichets d’information : de qui se moque-t-on ?

   

Joseph LEDDET.jpgAujourd’hui, neuf stations sur dix du métro parisien ne vendent plus de tickets ; elles sont juste orientées vers « l’information du public » ; en d’autres termes, neuf guichets de la RATP sur dix emploient des gens à ne rien faire, car les personnes qui prennent le métro n’ont absolument pas besoin d’information ; elles ont juste besoin d’acheter un carnet de tickets ou de renouveler leur carte mensuelle d’abonnement ; et les guichetiers, à présent, ne peuvent plus leur rendre ce service, les renvoyant vers les automates à carte ou à pièces, très difficiles à utiliser pour les touristes étrangers, pour les personnes âgées ou pour les réfractaires aux robots de mon genre …

 Concrètement, les « guichets d’information » constituent une claire et nette régression de la notion de service public : tout cela parce que la direction de la RATP a cédé face à des syndicats radicaux et égoïstes, qui ont voulu supprimer l’argent liquide des caisses des guichets, sous prétexte qu’il pouvait attirer des malveillants ; à ce compte là, il faudrait supprimer aussi tous les commerces parisiens, où une bonne partie des achats sont toujours payés en liquide …

 Petite mésaventure d’un week-end …

 Tout début avril, j’allais rejoindre sur son stand du salon « Pari fermier », au parc floral de Vincennes, un ami agriculteur de la Drôme, producteur de nectar de cerise et d’abricot ; n’ayant pas eu le temps de renouveler mon « pass-navigo 2 zones » mensuel, j’utilisai un simple ticket de métro pour aller jusqu’à la station de RER « Vincennes », que j’ai l’habitude de fréquenter sans problème via ce « pass-navigo 2 zones » ; manque de chance, lorsque j’ai voulu sortir du RER, mon ticket ne fonctionnait pas, et j’ai été alors verbalisé par des agents des transports publics, qui m’ont fait payer une amende de 48 euros.

 Ce qui est paradoxal dans l’histoire, c’est que :

 1/ l’abonnement « 2 zones » et le ticket de métro normal sont, dans l’esprit du public, tout à fait équivalents ; 2/ si, au lieu de sortir à la station « Vincennes » du RER, j’avais choisi la station « Château de Vincennes » de la RATP, j’aurais été en règle, alors que cette station de métro est plus extérieure, plus périphérique de Paris-centre que la station RER « Vincennes ».

 Monsieur Pierre Mongin (RATP) et Monsieur Jean-Paul Huchon (RER/STIF), ne pourriez-vous pas accorder vos violons sur vos tarifs, pour le plus grand bien de tous les usagers ?

 Le métro est beau !

 Après ces deux réflexions quelque peu critiques sur le fonctionnement du métro parisien, il paraît juste et pertinent de rééquilibrer les choses, en saluant la grande qualité de la rénovation des stations opérée depuis plusieurs années par la direction de la RATP, qui aboutit à des résultats remarquables ; signalons à cet égard quelques stations à placer en tête du « hit-parade » : « Arts et Métiers » (avec son côté « invention de l’industrie »), Assemblée Nationale (avec l’éloge de la démocratie), Bastille (avec l’éloge de la Révolution), et Saint-Germain-des-Prés (avec l’éloge de la littérature).

 Enfin, deux autres formes de soutien au métro parisien peuvent être citées : d’une part, dans les années 75, un mensuel de langue anglaise, « The Paris Metro », conçu par de jeunes journalistes talentueux, faisait découvrir aux anglo-saxons et aussi aux français de souche des lieux, des spectacles, des idées … qui illustraient l’esprit de la ville-lumière ; malheureusement, il a fait faillite au bout de quelque temps ; plus récemment, l’ouvrage du comédien Lorànt Deutsch, « Métronome », formidable succès d’édition (avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus), permet au lecteur de découvrir le Paris historique au travers de ses stations de métro ; décliné ensuite en bande dessinée, ce travail prolifique fait à présent l’objet d’une série d’émissions télévisées….

 Conclusion

 Les transports urbains parisiens souterrains sont assez exceptionnels ; le point important est qu’ils continuent à s’efforcer de penser en priorité au service du public, et qu’ils mettent le holà aux hausses régulières annuelles de tarifs, qui frappent des millions de franciliens au pouvoir d’achat actuellement bloqué (d’où la recrudescence inévitable des fraudes …).

 Joseph LEDDET

 

02:35 Écrit par l'ACAJA dans On a lu | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |  Imprimer | |

Commentaires

Les transports urbains parisiens souterrains sont assez exceptionnels

Écrit par : agrandirpenis1 | 19/07/2014

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