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22/05/2010

On a lu ... sur Internet le 20 mai 2010

On a lu ... N° 4

Joseph LEDDET.png Sortie de crise

(acte III)

 

(les Allemands ne veulent rien entendre ...)

Ce papier fait suite aux deux précédents billets, datés respectivement du lundi 10 et du mercredi 12 mai, rédigés au lendemain de l'annonce du grand plan de sauvetage européen.

Des craintes qui se révèlent fondées

En conclusion de notre deuxième note, nous écrivions qu'il ne faudrait pas que (cette remarquable avancée) soit par la suite tuée dans l'oeuf par une attitude doctrinaire restrictive et contraire à l'intérêt général. C'est malheureusement ce qui semble se passer dès à présent, avec la position très carrée de l'Allemagne, qui insiste sur la nécessité de mesures d'accompagnement draconiennes, voire irréalistes, et qui vient de demander l'interdiction de vente à découvert des titres d'Etats européens (ce qui risque de geler le marché). Par ailleurs, M. Weber, président de la Bundesbank et futur président de la BCE, aurait récemment déclaré que, lorsqu'il serait titulaire du poste, il stopperait le rachat d'obligations d'Etat par la Banque (ce qui renforcera automatiquement la méfiance sur la zone "euro").

En tout cas, le résultat est là, et ces derniers jours, les marchés boursiers sont retombés illico en capilotade ...

La Banque Centrale Européenne n'est ni indépendante ni au service de l'Europe

L'indépendance de la BCE, instituée par le traité de Maastricht et confirmée par la Constitution européenne, est une excellente chose dans son principe; mais en pratique, elle s'avère plus un inconvénient qu'un avantage, et ce à un double titre ; la Banque n'est pas indépendante dans les faits, et elle n'est pas au service de l'Europe.

D'une part en effet la BCE n'est pas indépendante: elle n'est en réalité que le prolongement naturel de la Bundesbank, et son vrai patron n'est pas M. Trichet, mais M. Weber : ce fait apparaît clair comme de l'eau de roche à la lumière des péripéties de la crise grecque ; et même si grâce à l'action énergique de M. Sarkozy soutenu par M.Obama, elle a laché récemment un peu de lest, ses atavismes traditionnels reprennent vite le dessus (cf.supra).

D'autre part, et c'est dans la même logique, la BCE n'est pas au service de l'Europe ni de la zone "euro", car elle se veut avant tout la gardienne d'une doctrine périmée, éculée, consistant à affirmer le primat de la lutte contre l'inflation et du retour aux stricts équilibres budgétaires. Or, en période de crise de confiance des agents économiques et financiers, et de pénurie de liquidités, une telle attitude est proprement suicidaire.

Pour une réforme des institutions

Que faire donc? Tout simplement profiter de ce moment de crise intense pour proposer, au plus haut niveau des instances européennes, une révision des Traités, dans le sens suivant :

- la BCE est désormais placée sous la tutelle du pouvoir politique communautaire, à savoir le Conseil européen (réunion des chefs d'Etat et du président de la Commission européenne):

- sa mission première est de contribuer au développement économique harmonieux de la zone "euro".

Ainsi, pourquoi donc la FED dépend-elle de l'Etat américain, de même que la Banque du Japon relève de l'Etat japonnais et la Banque d'Angleterre de l'Etat britannique, alors que la BCE, elle, ne dépend officiellement de personne ? C'est une totale aberration !

Par ailleurs, cette lubie de lutter contre l'inflation fait penser au combat pathétique de Don Quichotte contre les moulins à vent ; disons-le une bonne fois pour toutes : avec les grosses devises comme le dollar, l'euro ou le yen (qui représentent les trois quarts de la masse monétaire mondiale) et la mondialisation toujours plus poussée des économies, l'inflation a aujourd'hui définitivement disparu. Il importe donc que la Banque se donne de nouveaux objectifs, à la hauteur de son extrême puissance ; à cet égard, le soutien des économies de la zone "euro" au besoin par l'arrosage systématique des agents économiques et des Etats en monnaie sonnante et trébuchante, nous apparaît comme un objectif digne de ce nom, qui de plus réconciliera l'Europe politique avec ses concitoyens.

Conclusion

M.Sarkozy a joué un rôle très positif et très efficace lors du week-end crucial du 8/9 mai ; mais ce n'était là qu'une première étape. Il lui faut à présent transformer l'essai, en ramenant dans le rang, et ce avec l'appui des autres Etats de bonne volonté, la Banque centrale pour la remettre au service de l'Europe ; ce n'est sans doute pas là une mince affaire, mais c'est par contre un challenge véritablement essentiel.

Joseph Leddet

le 20 mai 2010

Le groupement  associatif des commerçants du quartier des Epinettes Paris 17 vous demande d'avoir l'amabilité de faire tourner le billet de Joseph Leddet.

Merci

Jean-Claude Janan

Google:sortie de crise (acte III) ACAJA

20:52 Écrit par l'ACAJA dans On a lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : joseph leddet, acaja, capac, weber, janan |  Facebook | |  Imprimer | |